" L’homme qui n’a pas de but à atteindre ne vit qu’à moitié, il surnage."
Le point commun des 7 histoires de longueur inégale de En bas, les nuages est d’illustrer cette réflexion.
Marc Dugain nous découvre 7 portraits d’hommes qui vivent à la surface d’eux même. Un état des lieux assez pessimiste et désespérant de notre humanité, mais aussi un portrait réaliste de ce que nous sommes devenus en refusant de nous impliquer dans le monde.
Le titre restera mystérieux tout au long des « 7 histoires », sous-titre de ces nouvelles dont le personnage principal est un homme, presque toujours dans la cinquantaine fatiguée. Aisance matérielle, culture certaine et éventuelle notoriété dissimulent mal solitude, mensonges, libido en berne, compagnes rarement aimées - toujours quittées ou perdues - curieux problèmes de paternité refusée et d'adoption…
Le lien entre les récits est ténu et le protagoniste est interchangeable. Celui qui est dramaturge avoue ne savoir écrire que des dialogues. C'est aussi la forme privilégiée de l'auteur qui souvent les transforme en monologues. Comme dans la vie réelle ils n'échappent ni à la banalité ni à la répétition.
Parfois s'ébauche une intrigue, policière ou autre, mais le soufflé retombe ! Aucun récit n'est conclu par une chute, mais plus souvent par une disparition ou un essoufflement. Et pourtant on a toujours envie de lire la suite…
Auteur encensé, MARC DUGAIN a pourtant suivi un itinéraire atypique.
Né en 1957 au Sénégal, il arrive en France à l’âge de 7 ans.
A Grenoble, il étudie les sciences politiques et la finance. Devenu patron d’une compagnie d’aviation, il écrit La Chambre des officiers, paru en 1998, un premier roman qui reçoit dix-huit prix littéraires et sera adapté au cinéma.
D’autres succès suivront : La Malédiction d’Edgar en 2004, et Une exécution ordinaire en 2005, dont Marc Dugain a tiré un film qui sortira au cinéma en 2009.